« Trop bien élevés ? » ELLE, Édito du 5 avril 2013

Cet édito publié dans le magazine ELLE, le 5 avril 2013, questionne sur notre attitude vis à vis de nos enfants et de cette course à la réussite permanente … Et au final, aurons nous des enfants plus épanouis, plus heureux …?

« Que les parents d’ados qui n’ont pas jeté un coup d’œil au palmarès des lycées 2013 lèvent la main ! La semaine dernière, le ministère de l’Education nationale a publié son classement annuel des lycées publics et privés, alimentant ainsi une drôle de course à l’échalote. Dans chaque région de France, chaque ville et même chaque quartier : top chrono pour la rentrée prochaine ! Et ceux qui s’y prendraient aujourd’hui seulement sont déjà dans les choux : les parents quatre étoiles ont anticipé. Dès l’entrée en maternelle, ils ont offert à leur petite merveille une « prépa CP », ces cours privés pour 5-6 ans qui explosent dans les grandes villes. En vacances, idem : les moniteurs de ski constatent la pression grandissante sur les petites épaules pour décrocher avec brio flocons et étoiles. Même chose dans les conservatoires municipaux, les activités extrascolaires… Et les instits de primaire ont mille anecdotes au sujet des parents sur les dents, prêts à tout pour assurer l’entrée du chérubin dans le meilleur collège.

L’enfant 2013 ne doit pas seulement manger cinq fruits et légumes et trois produits laitiers par jour, porter un casque pour faire du vélo, un autre pour faire du ski, avoir un cartable avec des bandes réfléchissantes et un portable pour être localisable en permanence. Il doit rentabiliser chaque « temps mort » de chaque jour pour se cultiver, se muscler, faire dans l’utile. Avec une seule règle : être le meilleur partout. Le Number One. Bien élevé, bien sapé. Zéro défaut. Pour quoi faire ? Décrocher une « grande école », devenir un cadre sup performant. Une vie de dingue, un beau salaire. L’enfant sur mesure deviendra-t-il un adulte heureux ? Épargné par la crise ? Capable d’aimer et de rire, d’avoir de vrais amis, un point de vue sur le monde, la force de surmonter les catastrophes existentielles ? Aura-t-il cette liberté intérieure sans laquelle on passe à côté de sa vie, des émotions fortes devant un coucher de soleil, une mer démontée ? Si seulement. »

Édito de Dorothée Werner, ELLE, 5 avril 2013. 

 

Ces articles peuvent également vous intéresser :

★Follow your Dreams★

★ {Avant} En vacances ...★

Dans ★DailyMood★

Cet article a 0 commentaire

Laisser un commentaire




Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

Merci d'inscrire la solution de l'addition